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Battambang est une des plus grandes villes du Cambodge, pourtant quand on y est, on ressent surtout une ville assez délaissée, sale, et particulièrement pauvre en comparaison de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à maintenant.
Ce n’est pas un endroit spécialement aménagé pour le tourisme, d’ailleurs y’en a très peu, la majorité passant ici uniquement pour se rendre vers la frontière Thaïlandaise.
Il y a malgré tout quelques centres d’intérêt qui peuvent potentiellement vous faire sortir de votre guesthouse.
Comme partout en Asie vous pouvez louer un scooter, par contre faites plus attention ici, y’a pas mal de poids lourds, et je vous préviens d’avance, ils n’en ont rien à foutre de vous. En fait y’a une espèce de hiérarchie sur la route, qu’on ressent depuis le début, c’est assez simple, plus ton véhicule est gros, plus t’es le patron, et donc quand tu croises un poid lourd, tu es à sa mercie.
Vaillants que nous sommes, on part quand même à la conquête du bitume, et là commence notre série de slaloms entre véhicules, suivie par un rodéo improvisé sur une espèce de route entièrement cabossée, pour finir au pied d’un petit mont qui abrite plusieurs choses.
Vous pouvez monter à pied, mais puisqu’on avait notre deux-roues, on allait en profiter. A mi-chemin vous avez le choix, soit aller vers un temple, ça je vous l’explique après coup, mais quand on y était ce n’était absolument pas indiqué, soit vers des grottes.
Le temple ne nous intéressait pas spécialement, on en a déjà vu beaucoup, et les derniers en date qu’on a visité sont ceux d’Angkor, donc les suivants allaient forcément faire pâle figure. Alors on se dirige vers les grottes, et elles ont une triste histoire.
Historiquement y’a pas grand chose à savoir d’un côté religieux, car d’habitude les grottes sont souvent des lieux spirituels où les gens viennent prier ou méditer, ici son utilité était tout autre.
Y’a un sujet encore très difficile à aborder au Cambodge, l’époque des Khmers Rouges, déjà parce que c’est récent, mais surtout parce que ça a été sanglant, violent, et les cicatrices sont encore fraîches. J’en parlerai un chouïa plus dans le prochain article.
Et donc, ces fameuses grottes ont servi aux Rouges pour tuer les personnes de la région qu’ils estimaient ennemies. La grotte est sur deux niveaux, un avec un simple trou, d’où ils jetaient leurs pauvres victimes, et le second plus bas, bref j’vous fait pas un dessin.
Y’avait deux grottes, elles avaient toutes deux le même intérêt, une pour les hommes, et une pour les femmes et enfants. Je vais pas m’étendre plus là dessus, j’ai envie que ce que j’écris soit lisible pour tout le monde, pour les personnes qui ont envie d’en apprendre plus, bah y’a internet hein. Cela dit, je vous invite à vous renseigner de votre côté, c’est certe une sombre part de l’histoire, mais c’est important de ne pas ignorer ce qu’il s’est passé, même si ça ne concerne pas entièrement notre pays, d’ailleurs la France est en réalité responsable de certaines choses.
Aujourd’hui vous pouvez donc visiter ces grottes, il est plus question de rendre hommage quand on y est, mais la balade sur le mont peut valoir le coup d’œil.
L’activité principale du coin n’a rien à voir par contre, si vous voulez quelques sensations fortes, il est possible de faire du Bambou Train.
Essayez d’imaginer, deux essieux de train, une planche de la largeur de la voie ferrée tressée en bambou que l’on pose sur les essieux, oui oui, juste posée, et un petit moteur portatif que vous reliez à un des essieux avec un courroie et voilà, vous avez votre Train en Bambou. Vous montez sur le machin à moitié rafistolé, et c’est parti pour trente minutes à travers les champs et rizières qui bordent la ville. Petit fait amusant, à un moment votre chemineau va ralentir et descendre pour vous faire traverser l’équivalent d’une voie rapide en France, aucun passage à niveau, aucune signalisation, c’est tout au feeling, sachant que personne ne ralentira pour nous faire passer, fallait juste trouver le bon créneau.
Pour finir, on a pris une petite heure pour aller voir une exposition de photos.
Si j’en parle c’est car l’expo en elle même nous a plu, mais nous a aussi touché. Y’a un espagnol, qui vit au Cambodge depuis environ sept ans, qui est un ancien photographe pour l’UNICEF, il a vu beaucoup de notre monde (Environ 90 pays) et il a décidé de se poser ici non pas parce qu’il aime le pays, au contraire même, il est pas spécialement fan de la population locale, mais parce qu’aujourd’hui il œuvre pour une cause qui lui tient à cœur.
Décidément cet article aura un air un peu sombre, mais sans entrer dans les détails je dois quand même en parler.
Ce n’est pas une compétition, mais le Cambodge est dans le top 3 des pays où il y a le plus de violence envers les enfants, que ce soit physique ou sexuel, et Joseba, qui a un passé un peu similaire, a voulu apporter son aide. Il a créé une association qui aide les enfants victimes, en leur donnant plus facilement accès à l’école par exemple, en essayant de raisonner les parents, etc.. Impossible de compter sur le gouvernement, alors Joseba a décidé qu’à son échelle il pouvait faire quelque chose, même s’il n’aime pas l’endroit où il vit, il allait rester ici, à aider le plus d’enfants possible.
Et son expo sert à financer son association, ce n’est que quelques euros pour nous, mais là bas ça peut faire la différence, et il m’a offert du vin de riz au serpent à 10h du mat’, c’est forcément un bon gars hein !
Ce n’est effectivement pas l’article le plus joyeux de la série, et même sans rentrer dans les détails pour ne pas choquer les plus jeunes, je pense qu’il était important de simplement l’évoquer, pour m’en souvenir, et pour vous en faire part également. On vit bien, et je pense que c’est important de prendre du recul sur nos petits problèmes pour se rendre compte qu’ailleurs tout le monde n’a pas la même vie. J’veux pas faire le moralisateur non plus, on a tous nos soucis également, on y fait face de la façon que l’on considère le mieux, mais juste n’oublions pas.
J’ai tout plombé ? C’est pas de chance, la prochaine destination est Phnom Penh, capitale du pays, et là aussi j’vais être obligé de parler de trucs sensibles, mais rassurez vous, y’aura aussi beaucoup de positif !